Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi

Grâce au travail de 228 sensibilisateurs, le collectif d’associations en collaboration pour la paix, l’éducation et le développement (CAPED) veut atteindre l’ensemble des habitants de la ville, au cours de six prochains mois.

L’ONG CAPED a clôturé, ce samedi 18 avril, la formation de la première partie des sensibilisateurs. Ils sont du quartier Kyeshero, l’un des quartiers populaires de la ville de Goma. Selon le coordonateur du CAPED, Justin Kabumba Karubamba, la stratégie adoptée pour former les 228 sensibilisateurs consiste à organiser les séances dans leurs propres quartiers.

Le CAPED aura besoin de 2 212 779 dollars américains pour réaliser le projet. Pour l’heure, tout se fait par des moyens du bord, pour une ONG qui ne compte pas encore de bailleurs de fonds. L’ONG cherche, par exemple, préalablement des matériels de terrain qu’elle n’a pas pour le moment rassemblés. Justin Kabumba parle de cache-nez, gants et bottes pour circuler dans les rues gravelées de quartiers de Goma.

L’urgence de sensibiliser les habitants de Goma sur le Covid-19

Le CAPED voit une situation pandémique pressante dans l’augmentation quotidienne de cas de coronavirus en RDC qui a désormais touché la ville de Goma. Pour l’ONG, il ne faut pas attendre jusqu’à ce que les bailleurs de fonds fassent quelque chose pour prévenir la population sur le danger du Covid-19.’’Nous avons déjà des moyens de bords qu’on va utiliser, les ressources humaines qui sont déjà plongées, qui ont accepté d’abord le bénévolat, le volontariat parce que c’est un problème qui touche tout le monde. On ne doit pas croiser les bras parce qu’il n’y a pas d’argent.’’, déclare Justin Kabumba.

Quoi qu’il en soit, le projet intitulé ‘’Sensibilisation et vulgarisation de différentes règles d’hygiène à observer par la population pour lutter contre la maladie à virus corona dans la ville de Goma.’’, a besoin de l’appui de potentiels bailleurs de fonds, précise le coordonateur du CAPED. Justin Kabumba explique ‘’Le message envers les partenaires étatiques et partenaires financiers, c’est que CAPED-ONG est déjà sur terrain comme acteur actif dans cette lutte commune contre le Covid-19 dans la ville de Goma et en RDC en général. Nous demandons leur soutien matériel parce qu’actuellement même les matériels du terrain, on est en train de les trouver difficilement’’. Le CAPED envisage une sensibilisation plus étendue.

Le cas de la prison centrale pléthorique de Goma

Lorsqu’elle a vu instaurer des mesures de restriction, le CAPED qui se veut également une ONG de droits de l’homme a eu le reflexe d’aller vérifier la faisabilité à Munzenze, la prison de Goma. ‘’Après avoir constaté que toutes les structures religieuses, toutes les structures associatives et des personnes de bonne volonté qui aidaient, qui visitaient ces prisonniers étaient stoppées, j’ai eu la curiosité en tant que numéro un de l’organisation de me rendre à la prison centrale pour faire un état de lieux.’’, explique Justin Kabumba.

Outre le nombre excessif des prisonniers évalués à des milliers à Munzenze qui a pourtant une capacité de quelques centaines de détenus, le coordonateur du CAPED a fait cet autre constat amer :’’J’ai rencontré un prisonnier qui a sa chemise en manches-longues, et parce qu’il n’avait pas encore de visite, il a commencé à manger la première manche. Il m’a dit que si nous les humanitaires on ne réagit pas vite, on va rencontrer qu’il a déjà terminé la deuxième manche’’. Cette réalité a poussé l’ONG a initié un sous-projet destiné à prendre en charge les prisonniers durant la pandémie de Coronavirus.

Ce dernier projet a trois volets, fait savoir Justin Kabumba :’’ L’aspect vivres aux prisonniers. Il faut qu’il y’ait la nourriture. L’aspect monitoring, assistance judiciaire parce qu’il faut désengorger cette prison qui compte déjà plus de 2600 prisonniers alors que ça devrait être 500. C’est sûr que si la pandémie arrive, c’est tout le monde qui sera ravagé. Il y’a aussi l’aspect sanitaire. En tout cas, ils sont dans de mauvaises conditions sanitaires. Il faut qu’il y ait des lave-mains, des savons, tout ce qui est possible comme matériels luttant contre la propagation de la pandémie de Coronavirus.’’

De l’avis de plusieurs observateurs, l’évolution du coronavirus en RDC est de plus en plus inquiétante. Ce samedi, le bulletin quotidien de la riposte renseigne que le nombre de cas est de 307 dans le pays dont 3 à Goma et deux à Béni, au Nord-Kivu.

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