Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
L’Ong féminine saisit l’opportunité de la journée de lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée ce 4 mars, pour attirer l’attention du public sur le rôle des maisons de tolérance dans l’exploitation des filles et des mineures notamment, à Goma.
Les maisons de tolérance sont tout un fléau au Nord-Kivu et principalement à Goma. Lors de la présentation de son rapport annuel, au lancement des 16 jours d’activisme contre les VBG, en novembre 2020 à Goma, le groupe de travail ‘Protection et prévention de la stratégie nationale contre les VBG’ avait avancé un chiffre de 236 maisons de tolérance identifiées dans la province.
Pour le cas de Goma, l’Ong Sauti ya mama Mkongomani (SMM) explique que plusieurs de ces maisons de tolérance fonctionnent dans l’ombre aux cotés des buvettes, terrasses et des bars qui ont été installés un peu partout dans la ville. ‘’Derrière cette maisonnette, vous trouvez une chambre et cette chambre-là, vous allez trouver de petites filles, parfois aussi mineures ou alors de jeunes filles qui y entrent juste pour qu’elles soient servies aux clients qui sont-là. Et les clients remettent l’argent au propriétaire de la buvette. C’est vraiment du proxénétisme, car à la fin le monsieur ou la dame qui tient la maison de tolérance paie quelque chose à celle qui a été exploitée sexuellement’’, explique Nelly Lumbu Lumbu, coordonatrice de l’Ong SMM.
Celle-ci se base également sur des données que produisent d’autres organisations féminines. Nelly Lumbu Lumbu indique que ces maisons de tolérance sont également installées autour des bases de contingents de l’Onu (Monusco). En dehors de Goma, la multiplicité de maisons de tolérance s’observe également dans la cité de Sake et à Mubambiro, en territoire de Masisi.
La pauvreté et l’incivisme derrière l’exploitation sexuelle
Nelly Lumbu Lumbu fait observer que plusieurs familles démunies n’ont plus d’autre option que de recourir au service de leurs filles pour tenter de survivre dans ce contexte socio-économique difficile que traverse la RDC. ‘’Vous entendrez un parent dire à sa fille, va nous chercher à manger. Quand elle va se faire exploiter, les parents récupèrent l’argent pour acheter à manger, ils paient le loyer et couvrent d’autres dépenses familiales’’, regrette la coordonatrice de la SMM.
Nelly Lumbu Lumbu dénonce d’autre part le comportement des hommes adultes qui vont chercher des mineures, parfois même dans les écoles. ‘’Il y’a même des papas qui vont chercher des filles dans les écoles, pour les exploiter sexuellement. Une fille qui n’a pas l’âge de donner son consentement pour avoir un acte sexuel. Toutefois quand il y’a cette infraction d’exploitation sexuelle qui est commise, il y’a aussi le viol qui est possible d’être commis dans cet acte-là’’, montre-t-elle.
La coordonatrice de l’Ong SMM redoute le risque que les filles qui se font exploiter sexuellement prennent. ‘’La victime est exposée à toutes sortes de maladies, à la stérilité suite à des avortements non sécurisés et des risques énormes d’avoir une vie de foyer difficile’’, conclut Nelly Lumbu Lumbu.
Selon le site des journées mondiales, l’exploitation est grave car elle réduit l’être humain à une simple marchandise. Les victimes sont achetées, vendues, menacés, isolées, violées, battues, surveillées, enfermées et torturées. Chaque année, il y’a 4 millions de nouvelles victimes, révèle le site.

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