Thursday, October 2021

Par Frédéric Feruzi

D’un ton et d’un air fermes, le directeur du festival Amani l’a déclaré ce lundi 17 février à Goma. C’était le jour d’évaluation du festival qui s’est refermé la veille, au 3ème jour de danses, chants et expos artistiques, humanitaires et économiques.

Guillaume Bisimwa a tenu à être clair face aux revendications des mouvements qui ont multiplié des sorties dans la presse pour parfois traiter le festival de business, parfois de moquerie aux compatriotes de Beni massacrés, sans cesse, depuis maintenant 6 ans. Pour certains de ces mouvements, il faut supprimer le festival Amani. D’autres estiment qu’il doit être délocalisé dans les localités du Nord-Kivu enclines aux conflits ou à l’insécurité comme la ville de Beni.

Le festival Amani n’a pas cependant des moyens pour répondre à ces demandes, selon son directeur. Guillaume Bisimwa propose toutefois une aide en termes d’expérience dans tous les domaines pour ceux qui souhaiteraient organiser le festival à Beni. ‘’A 7 ans d’expérience, nous ne disons pas que nous sommes devenus experts, mais nous pensons avoir acquis suffisamment d’expérience’’ a fait savoir Guillaume Bisimwa.
Il a expliqué avoir en plus beaucoup de connaissances concernant la location de matériels techniques en Ouganda, qui est proche de Beni, pour aider les organisateurs du festival dans la ville. Il les aiderait gratuitement pour réussir le show à Beni.

Le festival Amani promet de rendre public cette année l’audit financier de l’évènement

L’initiative vient du souci de davantage de transparence pour couper court aux rumeurs propagées sur le festival que c’est un business. Guillaume Bisimwa a annoncé que le festival était à la recherche d’un cabinet d’audit indépendant et sérieux pour faire ce travail.

En effet, selon une source interne qui a souhaité garder l’anonymat, le festival engage souvent des moyens plus costauds que les quelques 36000$ qu’il amasserait durant ses 3 jours. Chaque année, le festival mise sur 12000 personnes par jour, qui payent chacune 1$ à l’entrée.

La source poursuit que l’an passé, en 2019, le festival a enregistré un manquant de 60 000$. Cet argent a été emprunté dans des banques gomatraciennes, à la suite des promesses des donations non honorées de certains partenaires du festival. Ce qui est curieux, quelques-uns sont des organisations humanitaires bien réputées à Goma, souligne notre source anonyme.

Sans le dire clairement à la presse, le directeur du festival et certains de ses collègues semblent souvent le dire indirectement lors des points de presse. Avec une certaine dextérité dans la communication, ils mettent en évidence l’insignifiance du prix du billet d’entrée par rapport aux besoins d’organisation du festival et soulignent régulièrement le bénévolat du festival pour la paix.

Toutefois, l’audit annoncé devrait prendre en compte les fonds que le festival Amani recevrait de certains États européens ou de leurs organisations humanitaires qui sont nombreuses à soutenir l’évènement, souhaitent certains autres détracteurs du festival.

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