Tuesday, July 2021
Vue du gouverneur et quelques membres du gouvernement provincial. Photo droit tiers.

Par Frédéric Feruzi

Depuis les derniers mois de 2019, la présence des burundais, bien remarquée, était de plus en plus dénoncée dans la ville de Goma. La société civile et les réseaux sociaux ont mené la danse.

Les burundais étaient devenus présents sur toutes les rues. Les habitants de Goma s’interrogeaient partout sur l’objet de leur présence. Certains s’inquiétaient de la capacité des autorités congolaises à les héberger dans les normes des textes du pays. D’autres disaient que le pays continue de vivre les conséquences de l’entrée massive des réfugiés rwandais en 1994, devenus nuisibles malgré un accueil bienveillant qui leur avait été réservé par les congolais.

Les burundais étaient parfois pointés du doigt dans l’insécurité endémique de Goma. Leur présence a convergé tous les regards quand des cartes d’identité burundaises ont été récupérées sur trois bandits armés qui ont opéré, peu avant 9 heures, un braquage dans un shop Airtel, au quartier Mabanga-Sud, début mars.

Devant la presse, un habitant du quartier avait trouvé normal que les nombreux burundais à Goma se débrouillent à travers le vol. ‘’Comment voulez-vous qu’une personne, loin de chez lui, sans argent, sans emploi, sans connaissance dans la ville, mange quoi?’’, avait-il lancé.

Plus d’un habitant de Goma a salué ce rapatriement qui se fait via la province voisine du Sud-Kivu. Ils n’ont pas tari de remerciements dans les réseaux sociaux, depuis le début de la soirée de ce lundi. Dans l’après-midi, un convoi des camions escortés par la police a traversé les rues de la ville vers le port public de Goma. Les véhicules transportaient les burundais placés depuis ce weekend dans ce qui s’apparente à une résidence surveillée, au quartier lac-vert, où plus d’un millier ont été retrouvés dans une même concession. D’autres burundais vivaient à Kyeshero et dans des localités du sud du territoire de Nyiragongo, au nord de Goma, avait alerté plusieurs sources de la société civile. Plus ou moins 1400 ont quitté la ville aujourd’hui vers le port de Goma, à en croire la cellule de communication du gouverneur, Carly Nzanzu Kasivita.

Pour le gouvernement provincial du Nord-Kivu, les citoyens burundais vivaient illégalement sur le sol congolais. Toutefois, cette expulsion semble beaucoup plus justifiée par la pression populaire qui croissait dans la presse, les rues et dans les réseaux sociaux que par le motif de leur installation illégale à Goma. Lors d’une conférence de presse, à l’Unpc-Goma, en janvier dernier, le gouverneur avait expliqué que les autorités congolaises n’allaient pas expulser les burundais car il y’a des congolais qui vivent également dans leur pays. Ils risquaient donc une mesure de rétorsion de la part des autorités burundaises. À l’époque, les burundais n’étaient pas encore aussi nombreux à Goma que ces derniers jours. Certains redoutaient qu’ils portent un agenda caché au-delà de l’explication selon laquelle, ils avaient fui leur pays en raison des persécutions religieuses qui auraient visé leur secte, issue de l’église catholique burundaise.

Ce lundi, le gouverneur Kasivita est sorti personnellement jusqu’au port de Goma, pour s’assurer du départ des Burundais. ‘’D’un ton ferme, rapporte l’un des membres de sa cellule de communication, le gouverneur a déclaré que la ville de Goma n’a non seulement de frontière avec le Burundi, mais encore qu’elle n’est pas un dépotoir’’.

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