Thursday, July 2021

Par Frédéric Feruzi
L’ex-chef milicien a été enlevé de sa maison ce dimanche soir, à Miriki, avant d’être égorgé par des hommes armés. L’information est confirmée par différentes sources de la société civile de Lubero.
Albert Kasheke a exercé comme adjoint du chef-milicien du groupe Mai-Mai Mazembe qui a été également tué en 2020, dans des circonstances peu claires. Peu avant 22h, ses bourreaux débarquent chez lui à la maison, ce dimanche 4 avril, l’emportent puis le tuent non loin de chez lui, rapporte l’ONG de droits de l’homme FIRD.
Les criminels l’ont tranché la gorgé, indique Zaidel Ngolo, coordonateur de la FIRD. Celui-ci fait savoir que suite à sa démobilisation, Albert Kasheke vivait comme tout autre civil à Miriki. ’’Après la mort de son chef de lutte, à l’IPI-Mazembe, Kitete Bushu, monsieur Kasheke est parti s’installer dans le groupement Kanyabayonga mais un moment après il a été arrêté par les FARDC jusqu’à Béni-Kangwayi, et après Kangwayi il a été démobilisé et il a été ramené à Kanyabayonga comme civil. Il était d’ailleurs en train de circuler dans la communauté en tant que civil, il n’était plus poursuivi’’, relate Zaidel Ngolo.
L’assassinat de Kasheke pourrait-il décourager les autres miliciens à quitter la brousse ?
C’est ce que laisse entendre Zaidel Ngolo. Les miliciens pourraient craindre pour leur sécurité une fois revenus à la vie civile. Zaidel Ngolo souhaite que la démobilisation suive un processus qui aboutisse à la sécurisation des ex-miliciens.
‘’Nous avions demandé à l’autorité provinciale, également à l’autorité militaire d’éviter une démobilisation rapide. Vous savez monsieur le journaliste, il faut être prudent quand il faut démobiliser quelqu’un qui est dans sa zone où il est né, il a grandi et où il a commis des exactions. Vous le retirez de la brousse et dans une semaine vous le démobilisez, vous le faites rentrer dans la communauté alors qu’il n’a plus d’arme, il n’a pas comment vivre, il n’a plus de pouvoir, et vu les crimes qu’il a commis, il doit y avoir des règlements de compte’’, explique Zaidel Ngolo.
L’activiste appelle donc les autorités à la prudence dans leurs efforts pour la démobilisation des ex-combattants.
La zone de Miriki située presque à la limite entre les territoires de Lubero et de Walikale est depuis fin 2020 le théâtre d’affrontements entre miliciens et parfois entre forces régulières et groupes armés. Cette situation a poussé des milliers des ménages aux déplacements récurrents. Plusieurs habitants ont trouvé refuge dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru. Ils manquent jusqu’ici un peu de tout, abris, alimentations, eaux, médicaments, etc., alerte régulièrement la société civile.      

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