Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
La conférence internationale pour la région des grands-lacs (CIRGL) croit que grâce à des formations et des sensibilisations sur les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) elle peut contribuer à humaniser davantage la région.
Le centre régional de formation sur la prévention et la suppression des VSBG (RTF) a été créé par la CIRGL pour former et sensibiliser les professionnels dans la police, le domaine judiciaire, médical, psycho-social et de toute autre catégorie d’acteurs qui œuvrent dans la prévention et la suppression des VSBG.
Basé à Kampala, la capitale de l’Ouganda, le centre régional de formation (RTF) organise également des colloques, des conférences, des réunions de haut niveau, des recherches ainsi que des sensibilisations sur la prévention et la suppression des VSBG dans la région des grands-lacs.
Le RTF exploite deux approches dans les formations : l’approche socio-écologique et l’approche holistique utilisée par la fondation Panzi et docteur Denis Mukwege. Depuis février, le centre régional de formation de la CIRGL vient d’organiser des formations de formateurs sur la prévention et la suppression des VSBG à Kinshasa, Kampala, Kigali et Goma. Environ 100 formateurs des formateurs ont été formés sur l’approche holistique  sur la prévention et la réponse effective aux cas des VSBG, durant le mois de Mars.
Le nœud des activités du RTF
Les guerres qui ont déchiré la région des grands-lacs depuis les 1990 ont formé un lit aux violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). Aujourd’hui, en 2021, la guerre a pris fin dans la plupart des pays de la région mais les violences sexuelles et basées sur le genre continuent d’y faire des victimes.
Les femmes constituent la catégorie sociale la plus touchée par les VSBG. Pour la CIRGL, les violences sexuelles et basées sur le genre sont l’un des facteurs qui contribuent à l’instabilité et au sous-développement de la région.
L’urgence est donc là de combattre les VSBG. Selon la CIRGL, il est difficile de parler d’une société démocratique, prospère et stable lorsqu’une partie de la population est marginalisée et abusée.
Les femmes ont été encore plus affectées durant le confinement
Les filles et les femmes ont été les premières victimes des VSBG durant cette période de pandémie de Covid-19, en particulier durant le confinement. Selon un rapport que le coordonnateur régional en charge des formations du RTF cite, 43% des femmes ont été victimes des VSBG et 33% des jeunes filles de moins de 16 ans ont été engrossées, entre mars et Aout 2020. Victor Mugaruka précise que l’étude a été menée dans 5 pays de la région des grands-lacs.
Sur le plan socio-économique, les femmes ont été de même le plus affectées. ‘’Notre société est basée sur les économies informelles. Nous savons tous que ces économies sont tenues par les femmes. Hélas, beaucoup d’économies sont tombées à cause de cette pandémie et prendront du temps pour se relever’’, explique Victor Mugaruka.
Le coordonnateur en charge des formations au centre régional de formations de la CIRGL (RTF) fait savoir que les reformes politiques qui ont été entreprises durant cette période n’ont pas été à la faveur des femmes.

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