Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
 
En moins d’une semaine, le territoire de Nyiragongo vient d’enregistrer au moins 11 morts à la suite d’accidents sur son bref tronçon asphalté qui va de Goma au pâturage communautaire de Kibaya. 
 
Le dernier cas en date d’un accident mortel a été rapporté vendredi à 4h30. Il a fait un mort lors d’une collision entre deux véhicules, au niveau de Buhombo, dans le groupement Munigi. Un deuxième accident a fait le même jour un blessé, un enfant. #
 
Pour le cas mortel, l’un des véhicules venait de Goma et l’autre de Rutshuru. C’était le troisième accident mortel en moins d’une semaine et le bilan est non négligeable : 11 morts!
 
Les accidents et leurs bilans inquiétants sont récurrents sur le tronçon routier Goma-Munigi-vers Kibumba, légèrement asphalté depuis environ 2 ans. Cette situation révolte de plus en plus les acteurs de la société civile du territoire de Nyiragongo.
 
Les services publics de la circulation mis en cause
 
Particulièrement active dans cette entité du Nord-Kivu, le mouvement des sociétés civiles du Congo (MSCO) dénonce l’excès de vitesse dans le champ des conducteurs. Pour sa part, l’ONG de droits de l’homme CADH parle d’une légèreté dans la contrôle (fait par la Police de circulation routière) des conducteurs à Nyiragongo et à Goma, qui fait que des jeunes gens sans formation et ivres se retrouvent à conduire.
 
Contactée ce lundi, la commission nationale de prévention routière (CNPR) se dédouane. Elle attribue la faute aux services publics de contrôle qui n’arrivent pas à bien faire leur travail. Elle dénonce par exemple le fait que les permis de conduire sont délivrés aux individus sans exhibition de brevet de recyclage que fournit la CNPR. L’organe technique de prévention routière de l’Etat congolais charge également les conducteurs. La CNPR les accuse non seulement de ne pas respecter le code de la route mais encore l’éthique et la déontologie des conducteurs.
 
La CNPR indique cependant que des travaux de balisage de l’axe routier Munigi-pâturage de Kibaya sont en cours, en vue de limiter la fréquence des accidents.
 
Recyclage et sanctions pour stopper les accidents
 
Ces recommandations ne sont pas nouvelles. Elles sont régulièrement formulées par les activistes de la société civile, avec l’espoir de voir les cas d’accidents s’amoindrir. Le recyclage permettra de remettre à niveau les conducteurs moins qualifiés, estime le mouvement des sociétés civiles du territoire de Nyiragongo (MSCO).
 
Outre le recyclage, l’ONG de droits de l’homme CADH propose des sanctions qui doivent viser d’abord les agents de la police de circulation routière (PCR) et de la commission nationale de prévention routière (CNPR) qui n’arrivent pas à contrôler efficacement les conducteurs. Le CADH rappelle le caractère sacré de la vie humaine que les autorités doivent par tous les efforts protéger.
 
Lors du deuxième cas d’accident vendredi avant la levée de la journée en territoire de Nyiragongo, un enfant a été renversé mais n’est pas mort. Des cas similaires sont courants à Nyiragongo tout comme à Goma où les accidents faisant des victimes sont quasi-quotidiens depuis l’asphaltage de principales routes de la ville.

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