Tuesday, July 2021

Par Frédéric Feruzi
L’un de piliers de la prise en charge holistique des survivants des violences basées sur le genre (VBG), la police a un rôle important à jouer dans le combat contre ce fléau, dont les cas ont été en nette hausse au Nord-Kivu en 2020, croit l’ONU FEMMES.
La police joue un rôle majeur dans la protection et la prévention des violences basées sur le genre. Le renforcement de capacités des policiers dans le contexte de la pandémie de COVID-19 est une nécessité. Dès l’exposé d’Anne-Marie Nabintu, la chargée des programmes de L’ONU FEMMES au Nord-Kivu, ce mardi 11 mai, peu avant-midi, une tendance s’est dégagée dans la salle de formation : « Les policiers sont des accompagnateurs des personnes touchées par les VBG et la communication constitue leur premier outil de travail. Or, l’écoute et la communication sont des compétences qui s’apprennent. »
Le renforcement des capacités des policiers sur les VBG qu’organise l’ONU FEMMES durant 2 jours vaut donc son pesant d’or. Un travail professionnel de leur part se fait attendre dans le contexte actuel de COVID-19 au Nord-Kivu. Des chiffres officiels, 14636 cas des VBG ont été enregistrés en 2020 contre 11292 cas en 2019. Il est évident que les VBG ont augmenté d’un cran au plus fort de la pandémie de Covid-19 au Nord-Kivu, en 2020.
Les policiers qui participent à la formation sur la prévention et la protection des VBG dans le contexte de COVID -19 proviennent de Birambizo, Nyanzale, Bishusha, Kibirizi, Mweso, Kitchanga, Kalembe, Burungu, et Goma, au Nord-Kivu.
La police appelée à faciliter la pratique de la dénonciation
C’est Marie-Thérèse Sebagenzi, la chef de division provinciale du genre qui formule cet appel. ‘’C’est de cette manière que nous pourrons venir à bout de ce phénomène, VBG’’, a-t-elle souligné.
L’appel est fondé. En effet, dans son rôle qu’elle joue au niveau du pilier judiciaire, dans la prise en charge holistique des survivants des VBG, la police peut stimuler des dénonciations tout comme les étouffer, selon plusieurs experts. Au stade actuel, la police congolaise n’est pas arrivée à faire correctement ce travail.
Une étude que le département ‘Genre’ de Pole Institute a réalisée en 2020 à Goma est révélatrice. Les services étatiques qui interviennent dans la prévention des VBG découragent à certaines étapes des survivantes. Quand elles ne font pas face aux pots-de-vin, certains agents leur demandent du sexe. D’autres voient leurs dossiers divulgués ou assistent à la partialité des OPJ (Officiers de police judiciaire).
Dans une autre étude que l’ONG Sauti ya Mama Mkongomani a menée la même année, l’on fait observer que, surtout dans les milieux ruraux, les tribunaux coutumiers privilégient la coutume à la place de la loi dans le traitement des cas liés aux VBG. L’ONG dénonce une pratique en violation de la loi qui prévoit que dans le cas où la coutume est rétrograde, c’est la loi qui est appliquée.
Or, la police peut à son niveau jouer la dissuasion
C’est ce qu’a laissé entendre Madame Sylvie Gougoua, la chef de bureau de l’ONU FEMMES au Nord-Kivu, lors de sa prise de parole devant les participants, mardi matin, dans la salle. « Les policiers ont un rôle à jouer dans le combat contre les VBG, lors des traitements des cas. »
Leur participation est plus que jamais attendue dans le contexte actuel de Covid-19 où l’on enregistre une hausse des cas des VBG. ‘’On sait que très souvent, à chaque situation il y’a un contexte qui peut être différent et il peut également y avoir une réponse différente. Donc, il était important pour nous de renforcer les capacités ou de mettre à jour les officiers de police sur cette question et de voir comment, de façon coordonnée, nous puissions avec les différents acteurs qui interviennent dans ce domaine, apporter une réponse qui soit inclusive et vraiment coordonnée’’, a expliqué Madame Sylvie

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