Thursday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
Félix Tshisekedi nomme un fidèle qui a choisi de l’accompagner depuis 2016, contexte tendu qui a précédé l’alternance au pouvoir en 2019.
La carte que vient de jouer Félix Tshisekedi n’est pas que politique. Elle est aussi géopolitique. Jean-Michel Sama Lukonde  vient du grand-Katanga, région sans laquelle la configuration politique au niveau national ne peut pas être faite, sinon l’on parlerait d’une erreur de casting qui ne serait pas sans conséquence sur la stabilité de la RDC.
Le jeune premier-ministre qui n’a en effet que 43ans quitte le gouvernement de Matata Mponyo où il exerçait en tant que ministre de la jeunesse et des sports et loisirs, c’était en 2015. Il part avec le G7 que dirige le chairman Moise Katumbi. Ce groupe de 7 partis politiques décident de quitter le navire du président Joseph Kabila qui est soupçonné de tenter de se faire un 3ème mandat.
Quelques mois avant les élections de 2018, ce cadre du parti politique ACO, avenir du Congo, s’est désolidarisé de Moise Katumbi avec le président de son parti, Dany Banza, pour soutenir Félix Tshisekedi, au sein du rassemblement de l’opposition, puis lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2018, rappelle Radio Okapi.
Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a du pain sur la planche
Le nouveau premier-ministre prend le pouvoir dans un contexte de mille attentes en RDC. Les congolais veulent voir le pays prendre son envol sur le plan économique, leur social amélioré et le pays stabilisé notamment dans l’Est où l’insécurité fait couler beaucoup de sang depuis environ 30 ans.
Il ne s’agit-là que des attentes populaires. De sa part, le président de la république qui se voit engagé dans une course contre la montre pour récupérer le temps perdu dans la coalition sans issue avec le FCC aura de temps en temps à l’évaluer, pour espérer regagner la confiance des congolais. Il y’a des élections dans moins de 3 ans et le chef de l’Etat doit se faire réélire. Mais, Félix Tshisekedi a des promesses, pour le moment multiples selon des observateurs, à accomplir. Jean-Michel doit relever des défis à tous ces niveaux et cela pas en 5 ans mais en quelques mois avant les prochaines échéances électorales.
Le nouveau premier-ministre a de quoi espérer, révèle son parcours politique qui est quand même suffisant. Il arrive ce 15 février à la primature en provenance de la Gécamines qu’il dirigeait en tant que directeur général depuis 2019. Son passé politique montre qu’avant de gérer le ministère national de la jeunesse, sports et loisirs entre 2014 et 2015, Jean-Michel était député national élu de Likasi dans le Haut-Katanga. Le nouveau premier-ministre, jeune et dynamique pourrait certainement mettre toutes ces expériences à profit pour donner le meilleur de lui-même et marquer cet épisode de l’histoire politique de son pays. Pour certains analystes, c’est maintenant même que l’alternance est en train de se jouer en RDC et cela doit se manifester à travers des changements évidents dans la gestion des affaires de l’Etat.
Sama Lukonde Kyenge, c’est aussi un ingénieur diplômé en chimie industrielle et en informatique/Technique de l’information. Il remplace le technocrate sylvestre Ilunga Ilunkamba du FCC qui a déposé sa démission le 29 janvier 2021, après avoir été évincé par les députés nationaux qui ont voté une motion de censure contre son gouvernement.

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