Sunday, July 2021

Par Frédéric Feruzi
Les enfants dont la plupart sont des filles étaient hébergés dans des conditions déplorables. Les autorités ont démantelé le centre où ils étaient lors d’une opération qui les a menées dans différents sites jusque le mardi 9 février, à Goma.
A en croire le ministre provincial de l’administration du territoire, Jean-Bosco Sebishimbo, les autorités envisagent des poursuites judiciaires contre le prétendu assistant social, responsable du centre. Pour l’heure, celui-ci et ses complices ont pris la poudre d’escampette.
La découverte macabre du ministre a été faite lors d’une visite d’évaluation des conditions d’hébergement dans des centres d’encadrement pour mineurs démunis. Dans une vidéo tournée par la journaliste de la RTNC, ‘Radio Télévision Nationale Congolaise’, Augustine Yenge, l’on voit dans un bâtiment mal entretenu, de petites pièces sales et des matelas sordides, où certains enfants passaient la nuit à même le sol. La journaliste décrit les pièces comme étant nauséabondes.
Les enfants étaient hébergés dans une misère indescriptible dans un centre qui ne disposait pas de documents officiels ni même pas de nom, pour le faire passer inaperçu. Une quinzaine d’enfants qui y étaient tombés malades ont été hospitalisés à Heal Africa, à Goma, avant d’être remis à leurs familles. Les poursuites judiciaires annoncées contre les responsables du centre illicite, c’est en vue de prévenir toutes formes d’exploitations d’enfants, au Nord-Kivu, dans l’Est de la république démocratique du Congo.
Des enfants de Rutshuru séquestrés à Goma ?
Les enfants étaient acheminés dans ce qui s’apparente bien à un trafic d’enfants, pour être gardés dans ce qu’il convient d’appeler séquestration, estime la présidente du parlement d’enfants du Nord-Kivu. Les 83 enfants sont venus principalement du territoire de Rutshuru, à 75 Km de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Leurs parents étaient convaincus que c’étaient pour une bonne cause que le prétendu étaient passés les négocier dans leurs familles. Une femme témoigne :’’Engagés dans un conflit d’intérêt avec un particulier, le responsable du centre nous avait demandé les enfants pour qu’ils l’aident à avoir raison devant la justice, pour le bien du centre DYNA. On n’a pas compris que c’était pour autre chose’’.
Contactée, la journaliste de la RTNC explique que le prétendant assistant social avait tourné les enfants en fonds de commerce. Il s’agissait de les héberger dans un centre pour organiser en suite des appels de fonds auprès de potentiels bailleurs de fonds.
Pour la petite histoire, les enfants étaient gardés dans un centre appelé DYNA, officiellement reconnu, avant la crise sanitaire de Covid-19. Dans le contexte de la pandémie, le gouvernement congolais a instruit tous les centres de ramener les enfants dans leurs familles pour limiter la propagation du coronavirus. Le prétendu assistant social a contourné cette décision des autorités pour aller récupérer les enfants qu’il a gardés dans un autre endroit non reconnu par l’Etat congolais, à Goma.
Des enfants soumis à des abus sexuels
C’est l’une des formes d’abus que les enquêteurs du gouvernement provincial avaient constaté lors de leur descente avant l’étape du démantèlement du centre illégal. D’autres formes d’exploitations étaient courantes dans le centre, fait observer notre consœur, Augustine Yenge.               
Vanessa Kilanji, présidente du parlement d’enfants du Nord-Kivu est indignée. Quand nous l’interrogeons sur le sujet, elle invite les autorités à accroitre la vigilance et la surveillance des centres d’hébergement pour prévenir des cas d’exploitations d’enfants. ‘’Nous avons été vraiment choqués…Nous en tant que parlement d’enfants, nous demandons à ce que les droits de ces enfants-là soient respectés. Ce sont des enfants qui peut-être n’ont plus des parents et sont dans des centres faute des familles. Comme l’indique le document juridique des enfants, l’Etat doit prendre soins des enfants quand ils n’ont pas de familles’.
La présidente s’adresse également aux responsables des centres d’encadrements d’enfants auxquels elle demande de faire un effort pour améliorer les conditions d’hébergement. Vanessa décourage surtout ceux qui arrivent à créer des centres sans moyens ou avec des idées noires derrière leurs têtes.
Des centres d’hébergement ou d’encadrement d’enfants démunis, on les rencontre dans plusieurs quartiers pauvres ou populaires à Goma. Comme dans ce centre illégal qui vient d’être démantelé, les conditions de vie y laissent en général à désirer.

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