Tuesday, July 2021

Par Frédéric Feruzi
Depuis la chute de Jeanine Mabunda de la tête de l’assemblée nationale de la RDC, les organisations féminines et ceux qui soutiennent l’intégration de la femme ont presque vu leurs espoirs s’estomper. Ils l’ont exprimé un peu partout dans le pays à de diverses occasions.
Lors d’une déclaration à Goma, en décembre 2020, après la destitution de Jeannine Mabunda, le mouvement ‘Rien Sans les Femmes’ s’était, d’une part, indigné de la chute d’une femme de la 2ème institution du pays. De peur que cela ne marque un recul dans la représentation des femmes dans les instances de prise de décision en RDC, Rien Sans les Femmes avait plaidé pour l’élection d’une autre femme pour diriger le bureau de l’assemblée nationale. Les femmes avaient même demandé l’implication personnelle du président Félix Tshisekedi.
Trois mois après, en perspective de la sortie imminente d’un nouveau gouvernement, les femmes frappent encore sur la porte du président de la république. Leur requête s’adresse de même au premier-ministre Jean-Michel Sama Lukonde.
Il s’agit des femmes leaders de partis politiques, de la société civile et de groupes marginalisés du Nord-Kivu. Pour ces femmes, la représentation équitable des femmes dans les prochaines institutions gouvernementales ne se réfère pas seulement à la constitution du pays mais encore au besoin de parvenir à la réalisation effective des objectifs de développement durable à travers la participation de la femme.
Dans une déclaration du 22 février à Goma, ces femmes réclament un quota progressif vers l’égalité qui serait selon elles une mesure qui facilitera un accroissement raisonnable de la participation des femmes dans la gestion de l’Etat.
L’heure de discours révolue, l’heure des actions venue
Les femmes du Nord-Kivu nourrissent beaucoup d’espoirs du nouveau premier ministre. Dans leur déclaration, elles soulignent l’urgence des actions concrètes pour un changement en RDC. ‘’Elles invitent ainsi le nouveau chef du gouvernement à tenir compte de la représentation et participation équitable des femmes dans le respect de l’article 14 de la constitution de la RDC, mais aussi s’approcher de la population de l’Est de la RDC longtemps meurtrie par les guerres à répétition pour façonner la paix ensemble’’, indique un paragraphe de la déclaration.
Les avis des femmes doivent également être considérés lors des prochaines consultations politiques en provinces. Un autre paragraphe précise :’’Les attentes des femmes sont nombreuses néanmoins nous demandons la prise en  compte des opinions des femmes dans toutes les provinces de la RDC pendant les étapes de consultation qui sera déjà une preuve de son engagement pour leur participation effective dans les décisions pour le développement durable de notre pays’’.
Les revendications de femmes visent également d’autres domaines de la vie sociale du pays qui affectent de près ou de loin la femme congolaise. La déclaration cite notamment le renforcement de la paix, la sécurité et la cohésion sociale. Les femmes plaident au passage pour la participation des personnes marginalisées à la gestion de la chose publique.

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