Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
Les chiffres que révèle une étude que le programme genre de Pole Institute a menée à Goma, à l’occasion des 16 jours d’activisme contre les Vsbg, sont interpellateurs.
L’étude a été réalisée dans 5 quartiers plus ou moins populaires de la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’Est de la république démocratique du Congo (RDC). Outre les quartiers Mapendo, Lac-vert, Ndosho, Kasika et Katoy, les enquêteurs se sont rendus également à Turunga, une localité du territoire de Nyiragongo considérée désormais comme un prolongement de la ville de Goma dans le Nord-Ouest.
De cette recherche, qui s’inscrivait dans le travail de Pole Institute visant l’amélioration du statut de la femme en RDC, et au Nord-Kivu en particulier, il a été confirmé une réalité déjà connue des autorités congolaises : les femmes souffrent des rapports inégaux entre elles et les hommes. Les violences dont les femmes ont été victimes dans les 5 quartiers de Goma et à Turunga sont souvent rapportées dans la rue, sur le lieu de travail, à l’école, dans le ménage et en famille, fait savoir l’étude.
Types des violences, victimes et blocage de réparation
Les types des violences sur lesquelles les questions ont été posées aux enquêtées consistaient en violence sexuelle, violence physique, violence économique, violence psychologique, violence verbale, harcèlement, mariage forcé, mutilation génitale, privation d’héritage, Kidnapping, tribalisme et l’escroquerie. 81% des personnes interviewées ont répondu avoir connaissance de ces types des violences.
D’autre part, 56.5% des enquêtées ont fait savoir qu’elles ont déjà été victimes d’une ou plusieurs formes des violences précitées. 83.6% d’entre elles affirment avoir dénoncé leur cas, mais 92% n’ont pas été satisfaites du traitement qui leur a été réservé. En cause, l’étude cite entre autres la difficulté des victimes d’avoir accès aux services compétents en raison des moyens financiers insuffisants, la partialité de certains juges, OPJ, etc., la divulgation de dossiers des victimes par certaines autorités et la demande de pot-de-vin et/ou de sexe aux plaignantes.
L’insatisfaction des victimes les a menées à différents sentiments. A titre illustratif, 10% des femmes qui ont dénoncé sans obtenir gain de cause se sont senties impuissantes, 14% embarrassées, 18% traumatisées, 23% en souffrance, et 23% autres se sont senties libérées. Celles-ci ont résolu d’être résilientes.
En dehors des survivantes, il faut mentionner la catégorie des femmes qui ont vécu les violences d’une autre manière. L’enquête indique que 70% des femmes interrogées ont été témoins oculaires d’une forme des violences et 74% connaissent une victime des violences.
Recommandations de Pole Institute
Le programme genre de Pole Institute part de deux facteurs qui favorisent les Vsbg pour fournir ses recommandations : la connaissance insuffisante des lois sur les violences et le conflit entre la culture et la loi.
L’enquête conclut par faire remarquer le besoin criant de vulgariser les textes des lois qui protègent les femmes et la nécessité absolue de sensibiliser ces dernières sur le bien-fondé de ces lois. Aussi, il faudrait informer et sensibiliser les hommes, présumés auteurs de ces violences sur les lois portant protection des femmes. L’enquête souligne ensuite l’importance de trouver une passerelle entre les pratiques culturelles et les lois pour une harmonie au sein de la société.

Input your search keywords and press Enter.