Saturday, October 2021

Par Frédéric Feruzi
Les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) restent d’une ampleur considérable en RDC et particulièrement au Nord-Kivu. Le mouvement des femmes ‘TUJITETEYE’ a organisé une marche ce mercredi à Goma pour les dénoncer.
Accompagné d’au moins une centaine des femmes munies des calicots, le mouvement TUJITETEYEa longé la principale artère du chef-lieu du Nord-Kivu ce 31 mars avant de déposer un mémorandum au cabinet du gouverneur de province. Le document a été réceptionné par l’un des conseillers de Carly Nzanzu Kasivita qui a reconnu la cause pour laquelle le mouvement a manifesté.
La marche a dénoncé les VSBG partout dans le pays et en particulier dans les 5 territoires du Nord-Kivu. Le mouvement TUJITETEYE évoque dans son mémo 7 cas qui ont défrayé la chronique à Goma et dans les territoires voisins au cours de trois premiers mois de l’année 2021. Ces cas comprennent entre autres deux femmes qui ont été fusillées à Goma, plus ou moins 20 femmes assassinées dans le territoire de Beni, une jeune fille décapitée par son fiancé à Sake dans le territoire de Masisi, une femme brûlée vive dans le territoire de Nyiragongo, une femme kidnappée dans le territoire de Rutshuru et le cas de la femme qui a été violemment tabassée par son mari à Goma. L’époux violent qui se servait d’un marteau et d’un fer à béton a cassé le bras gauche de sa femme.
Il ne s’agit-là que des cas illustratifs car des statistiques de la division provinciale du genre, 14 000 cas des VSBG ont été enregistrés au Nord-Kivu, rien qu’en 2020.
‘’Nous disons qu’une femme enlevée, battue, violée et tuée, c’est trop et inacceptable !’’, fait observer le mémorandum du mouvement TUJITETEYE.
Les recommandations du mouvement TUJITETEYE
Le mouvement laisse entendre que l’urgence d’agir est-là et la balle se trouve dans le camp des autorités. Elles doivent mettre les auteurs des VSBG hors d’état de nuire. TUJITETEYE cite les groupes armés locaux et étrangers, les bandits armés d’une part et les époux ainsi que les membres des familles de l’autre.
Le mouvement TUJITETEYE formule des recommandations dont l’application trouverait une issue à la problématique des VSBG, espère-t-il. Il s’agit de la mise en place d’un service sécuritaire se rapportant aux questions des violences conjugales et domestiques, la mise en place d’un système d’alerte au niveau des commissariats de la police et des quartiers, qui aura pour missions d’alerter sur les questions liéesaux violences domestiques et conjugales auxquelles les femmes font face, rétablir la situation sécuritaire dans les différents territoires de la province et veiller à la protection des femmes, renforcer le processus de démobilisation des groupes armés dans la région, auteurs des violences faites aux femmes, disponibiliser un fonds pour la prise en charge  médicale et psycho-sociale des victimes des violences domestiques et conjugales, et enfin adopter et promulguer un édit provincial protégeant les femmes contre les violences conjugales et domestiques.
Le mouvement TUJITETEYE qui poursuit le plaidoyer contre les violences sexuelles et basées sur le genre affirme avoir constaté amèrement que les cas des VSBG sont montés particulièrement au Nord-Kivu depuis plus d’une décennie. Il s’attend à l’implication du gouverneur pour changer la donne.

Input your search keywords and press Enter.