Tuesday, July 2021

Par Frédéric Feruzi
Deux études publiées en marge des 16 jours d’activisme contre les VSBG mettent en évidence la situation des cas toujours répandus malgré une mobilisation apparemment tous azimuts au niveau des décideurs politiques. Les études pointent au passage une part de responsabilité des instances censées découragées les auteurs des VSBG dans cette province de l’Est de la RDC.
Les chiffres des cas des VSBG sont préoccupants, rapportent plusieurs organisations féminines et humanitaires. Aux côtés de leur mobilisation, on voit des décideurs politiques qui prennent de plus en plus conscience de la situation.
Mais pour le moment, l’écart entre le volontarisme des autorités et leur participation effective au combat que mènent les acteurs de la lutte contre les VSBG est considérable. Les organisations féminines l’ont fait régulièrement observer.
Les études que le programme genre de pole Institute et l’organisation Sauti ya Mama Mkongomani ont réalisées fin 2020 ont souligné les blocages que les survivantes des VSBG rencontrent au niveau des mécanismes publics d’accompagnement de la lutte contre les VSBG.
Des attitudes qui frisent la complicité
Lorsqu’elle commente les conclusions de l’étude que l’organisation Sauti ya Mama Mkongomani a menée fin 2020, Nelly Lumbu Lumbu, coordonnatrice de l’organisation explique combien les autorités, surtout coutumières, préfèrent appliquer les us et coutumes à la place de la loi devant un cas des VSBG.
Il s’agit-là d’un contraste inacceptable dans le champ des autorités censées réprimer les VSBG, laisse entendre Nelly Lumbu Lumbu. ‘’La loi est claire, elle dit que là où la coutume est rétrograde, là où la coutume ne respecte pas la loi, cette coutume-là est appelée à être bannie, abolie’’, fait-elle savoir.
La situation est encore plus révoltante au niveau de la justice et des autorités politiques où la dénonciation des auteurs des VSBG n’est pas encouragée. L’étude menée par le programme genre de Pole Institute dans 5 quartiers de Goma et à Buhene est plus illustrative. Elle parle de la partialité de certains juges et OPJ ainsi que la divulgation de dossiers des victimes.
À côté de ça, certaines survivantes font face à la demande de pot-de-vin et de sexe. Certaines enquêtées ont aussi évoqué le problème les frais toujours importants à payer aux services publics en charge de la prise des victimes des VSBG.
Dans leurs recommandations, le programme genre de Pole Institute et l’organisation Sauti ya Mama Mkongomani invitent les autorités à écarter les blocages susceptibles de compromettre le combat contre les VSBG.

Input your search keywords and press Enter.