Saturday, October 2021

Par Rafiki Nzita

Une voix, des muscles et du pain à la sueur du front; découvrons le métier de bombeur.

Abbé Bisimwa est marié et père de 7 enfants, il a initié le métier de « bombeur » en 2009 avec 3 de ses amis et ce métier le nourrit lui et sa famille depuis au moins 20 ans.

Un bombeur c’est un homme qui amène des clients vers le minibus de transport en commun moyennant une somme d’argent.

« Je me réveille très tôt tous les jours pour venir nettoyer ici même si ce n’est pas mon jour de boulot.  Notre travail consiste à amener des clients au convoyeur et après avoir « bombé » le bus ils nous paient 500 Fc sans compter les 200 à 300 FC s’il y a des sacs ou autres marchandises lourds qu’on transporte jusqu’au toit du minibus.  Par jour si j’ai bien bossé, je peux avoir jusqu’à 18000 FC ; ce qui me permet de faire un peu de tontine et le reste je le consomme  » peut-il témoigner.

Dégoulinant de sueur il me demande de lui permettre d’aider d’abord une maman à transporter son sac de farine plein à craquer, 3 minutes il est là et me sourit :  » Basi njo vile kazi mkubwa  » (c’est ça le travail, mon grand), plaide-t-il comme pour s’excuser.

Les bombeurs travaillent en groupes, ici au rond-point Rutshuru, jonction entre les 3 quartiers les plus mouvementés de Goma à savoir Kahembe, Mikeno et Mapendo qui forment Birere, le quartier populaire de Goma.

 »Beaucoup négligent ce boulot et le qualifient de travail sale alors qu’avec lui je vis et fais vivre ma famille, mes enfants étudient sans problème.  Pour être membre de notre groupe, nous avons un département dans l’ACCO (Association des Chauffeurs du Congo) » renseigne Abbé. Le nouveau paye son adhésion, il a son gilet et vient me présenter sa fiche d’adhésion et on l’intègre dans l’équipe poursuit-il.

Avec cette initiative unique à Goma, Abbé Bisimwa confirme l’adage disant qu’il n’y a pas de sot métier mais il n’y a que de sottes gens.

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